dimanche 24 mai 2015

Combattre le burn-out passe-t-il par la reconnaissance de celui-ci comme maladie professionnelle ?

Le cabinet Technologia, de conseil d'évaluation et de prévention des risques professionnels lance le débat : Faut-il reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle ?   Les Echos contribuent au débat au travers d'un dossier très complet : Le burn-out, dossier brûlant . On y apprend que la majorité de gauche pousse à une évolution de la législation et que le gouvernement, plus prudent, attends un rapport sur le sujet.  Mais cette reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle serait-elle la solution ?

Oui, le burn-out est bien devenu le mal de notre siècle, et non une mode, celle du suicide dont a pu parler un certain Didier Lombard, dirigeant de France Telecom... ).

Oui, il est important de combattre le burn-out, surtout quand on considère la détresse humaine et la lenteur avec laquelle les pratiques changent...mais sans doute pas en légiférant pour faire des entreprises les (seules) responsables... En effet, car au-delà des fragilités personnelles ou familiales des collaborateurs, des individus, au-delà de la pression du management intermédiaire,  la vraie cause des burn-out, est avant tout une question de culture d'entreprise, et derrière celle-ci de pratiques managériales des dirigeants à la tête de ces entreprises 

Par conséquent, e seul moyen de répondre à cette tragédie est que les dirigeants d'entreprises (grandes et petites) pratiquent un management responsable (par l'écoute, le respect, la confiance, tourné vers l'humain...), qu'ils desserrent la double contrainte qui s'exerce sur eux :

  • d'un coté une contrainte inhérente à la mission qu'ils acceptent, de la seule performance économique, de la seule création de valeur actionnariale, dans une environnement concurrentiel, changeant, et
  • de l'autre, la contrainte qui vient de leur responsabilité de dirigeant, vis à vis de l'ensemble de leurs partis prenantes et de leurs salariés en particulier... le travail ne doit pas en effet être une aliénation comme a voulu nous le faire le croire Karl Marx 


Prenant conscience de cette double contrainte, les dirigeants d'entreprise peuvent alors éviter de transférer la pression sur leurs équipes... C'est tout à fait possible, c'est de leur seule responsabilité. C'est ce que n'avait, visiblement, pas su faire Monsieur Lombard a la tète de France Telecom!

De plus le management responsable est plus créateur de valeur actionnariale, que toute autre pratique managériale...il est également créateur de Valeur(s) sociales, environnementales et sociétales. C'est ce que je nomme le postulat de GaVaChRe.

Il n'est pas trop tard pour devenir responsable!

mardi 1 septembre 2009

La faute au Pouvoir de l'argent?

L'autre jour, alors que nous étions en vacance dans les Pyrénées, nous sommes allés voir ma cousine Marie-Agnès, qui est installée avec Roger dans les contreforts espagnols des Pyrénées centrales.

Pour une agriculture ...

Marie-Agnès n'est pas une enfant de 68; elle se qualifie de "post soixante-huitarde"... Née à Paris, elle choisit de faire des études d'agronomie et pour vivre ce retour à la campagne, elle s'installe, dans les années 80, dans le Gers pour y faire du fromage de chèvre...
Bien que toujours restée "la parisienne", elle s'investit dans cette région, arrive à "faire son trou" et, pour vivre ses valeurs, elle se bat avec d'autres agriculteurs et éleveurs, pour une agriculture paysanne : à la fin des années 80, elle s'engage donc naturellement au sein du nouveau syndicat agricole, la Confédération Paysanne, qui nait en 1987, à l'issue des Assises paysannes.

Depuis sa création, la « Conf’» souhaite remettre en cause le modèle de développement agricole productiviste de ces dernières années qui, selon eux, " engendre une diminution constante du nombre de paysans, une baisse des prix agricoles, des surproductions à répétition, des crises sanitaires récurrentes, de fortes inégalités entre régions françaises, européennes et mondiales...". Donc, au sein des chambres d'agriculture départementales, où Marie-Agnès siège, la Conf’ "entend défendre prioritairement les petits paysans et y porter la voix de l’agriculture paysanne".

Sans être d'accord avec tous les combats, ni par certaines des méthodes de la Conf', on ne peut leur retirer une clairvoyance certaine par rapport aux nombreux problèmes liés à notre développement passé. On peut néanmoins regretté que la Conf' ait souvent dérapé lors d'actions violentes qui se voulaient symboliques et par là même, compromis la promotion pacifique d' une agriculture "viable et vivable".

Marie-Agnès évoque ainsi les combats de José Bové, le cofondateur de la Conf' et militant anti-mondialiste (il est aujourd'hui député vert au Parlement Européen), qui opta, pour arriver à se faire entendre, pour la voie de la violence,et ce en démontant en 1999 le McDo de Millau pour protester contre la mondialisation (représentée par la taxation, autorisée par l'OMC, du roquefort importé aux Etats-Unis), en arrachant les champs de culture OGM destinées à la recherche, ou lors d'autres actions contre la malbouffe.

Quelques années plus tard, une fois ses enfants autonomes, Marie-Agnès quitte le Gers et part s'installer avec Roger, son compagnon, en Haute Garonne. Roger est berger et, pendant l'été, fait l'estive, c'est à dire qu'il accompagne les moutons dans les espaces pastoraux d'altitude. Cette pratique ancienne qui permet notamment d'entretenir les espaces et de maintenir la biodiversité, se perpétue fort heureusement.
Dans la vallée du Louron, d'où Roger est originaire (et ailleurs en France), les bergers doivent louer les estives aux gestionnaires communaux, donc, Marie-Agnès et Roger décident de poursuivre leur activité de l'autre coté de la frontière en Espagne, tout d'abord dans le Val d'Aran, puis un peu plus au sud à Estorm dans la Sierra de Montsec, où leur est proposé une forme de troc : ils sont logés au village, leurs 200 brebis sont nourries l'hiver et prises en charge l'été sur les espaces pastoraux par un autre berger qui garde déjà un troupeau d'un millier de têtes et ce, en échange de la prise en charge, par Marie-Agnès et Roger de l'élevage des agneaux au village pendant 4 à 6 mois entre la mise bas et l'abattoir.

... et un monde durable

C'est là que que nous avons discuté de la difficulté de sensibiliser, dans les années 80 et 90, une opinion publique et un monde politique ou social, aux problématiques de l'agriculture durable qui n'intéressaient pas grand monde... jusqu'à ce que José Bové, ne change de tactique en 1999 à Millau...

Fort heureusement, les combats passés de Marie-Agnès et des initiatives plus récentes, telles que Home de Yann Arthus-Bertrand ou la campagne, intitulée "Pipi dans la baignoire" de l'ONG brésilienne SOS Mata Atlântica (SOS Forêt atlantique) permettent, partout dans le monde, de faire prendre conscience de l'urgence de la situation et de mettre en œuvre, chacun à notre niveau, ce que nous pouvons pour freiner le réchauffement de la planète.

La faute au "Pouvoir de l'Argent"?

Pour Marie-Agnès, ce retard dans la prise de conscience est dû au Pouvoir de l'argent. Selon elle, c'est ce même Pouvoir de l'argent qui pousse au développement de l'éolien industriel, aux loyers pour faire paître ses bêtes dans les estives en France et qui s'oppose au développement durable et moral dont nous rêvons tous....

Cette exigence d'un développement moral (vis à vis de la société et des générations futures) est-elle compatible avec la logique économique? et quelle réponse, au vu de la crise que nous sommes en train de vivre, devons nous y apporter?

André Comte-Sponville et Umair Haque me semblent apporter les principes et le cadre permettant d'y voir plus clair:

L'Argent en tant que tel n'est pas un problème, il n'est pas honteux de gagner de l'argent à condition, à minima, de le faire légalement. Mais peux-t-on le faire moralement? Comment concilier jusqu'au bout la logique du profit avec celle de la justice ou de la charité?

André Compte-Sponville est un philosophe. Dans un texte remarquable, "Le capitalisme est-il moral ?", publié en 1992 peu après la déconfiture du socialisme marxiste, il pose la question de la place de la morale dans la société et, plus spécialement, dans l'économie ou dans une entreprise.

Pour lui, il est fréquent que l'économie s'accorde avec la morale, mais il préfère s'intéresser au problème quand ça n'est pas le cas :

Il pense qu'il est de l'intérêt de l'entreprise d'avoir une éthique; mais cet intérêt interdit de considérer cette éthique comme une morale. La morale étant en effet, par définition, désintéressée. Pour les entreprises, avoir une éthique est donc plutôt un art de travailler, de diriger, de gérer. C'est tout simplement du "management". Il poursuit en se demandant si la vertu fait gagner de l'argent, comme l'affirment les américains (Ethics pay!), qui disent que l'éthique améliore la production, que l'éthique enrichit les relations humaines, qu'elle fait vendre et qu'elle est performante... Pour lui , ça n'est pas du tout évident. Une telle convergence d'intérêts lui paraissant suspecte ... Il conclut en disant que le besoin de morale ne pourra donc venir des entreprises....

Il explique alors qu'il y a quatre ordres : l'ordre techno-scientifique, l'ordre juridico-politique, l'ordre de la morale et l'ordre de l'amour. Quatre ordres distincts, qu'il y aurait, selon lui, un risque (du ridicule ou de la tyrannie) à confondre, quatre ordres nécessaires dont aucune société humaine ne peut se passer, quatre ordres, qui obéissent à des logiques différentes et parfois incompatibles. Chacun de ces ordres s'il est bien structuré, en son intérieur, est incapable de se limiter lui-même, donc, si on veut faire un monde qui soit humain, si l'on refuse d'abandonner un ordre à son développement indéfini et sauvage (inhumain), il faut donc le contrôler, ce qui ne peut se faire que de l'extérieur, d'où cette "hiérarchie d'ordres, chacun étant contrôlé par le supérieur. Il insiste enfin sur les deux tentations qui doivent être évitées. Celle qui consiste à prétendre annuler un ordre, ou sa logique propre, au nom d'un ordre supérieur, ce qu'il appelle l'angélisme, qui est une tyrannie du supérieur, et l'inverse de la première, qu'il considère non moins grave, et qui consiste à soumettre ou à réduire un ordre donné à un ordre inférieur; ce qu'il appelle la barbarie, qui est une tyrannie de l'inférieur. Ainsi pour André Compte-Sponville, il est ridicule de croire que l'économie suffit à tout (ce qu'il appelle la barbarie libérale), mais il est aussi ridicule de croire que la politique peut en faire ce qu'elle veut (ce qu'il appelle l'angélisme planificateur)...

Le capitalisme n'est donc ni moral ni immoral, il est réel
, évidemment rationnel, et d'une rationalité immanente... et le fait que les entreprises n'aient pas de morale (la légalité et le management leur suffisent), ne saurait dispenser les individus qui y travaillent d'en avoir une...

Pour un nouveau capitalisme

Si le capitalisme n'a pas à être moral, on sait, depuis Adam Smith, que c'est "la main invisible du marché" qui est la fondation de notre système économique... un marché que vient encadrer ou compléter l'État. En effet, contrairement à ce qui est dit dans de nombreuses caricatures de la pensée d'Adam Smith, il est le premier à avoir imaginé un rôle, non négligeable, d'intervention de l'État : il doit en effet faire ce que l'initiative individuelle ne peut prendre en charge... C'est ce rôle de régulateur trop oublié par certains de nos hommes politiques, que ce soit Thatcher ou aux États-Unis, Reagan puis surtout Bush, père et fils.

Cette main invisible pousse les entrepreneurs à la recherche du profit... mais l'intérêt individuel (au travers de la génération de ce profit) va-t-elle toujours avec l'intérêt commun, comme le croyais Adam Smith ?

En écoutant Umair Haque, le Directeur du Havas Media Lab, parler du capitalisme constructif, on peut en douter....

En effet, ces dernières années, avec le réchauffement climatique, puis la crise, nous nous sommes rendu compte que ce capitalisme néolibéral dont on espérait qu'il s'autorégule, ce capitalisme, qui a conduit à la crise financière, économique et écologique, la crise la plus forte depuis les années 30, ce capitalisme était bien un capitalisme qui ne créait pas forcément beaucoup de valeur...

Pour Umair, il existe en fait deux types de valeur crée. Pour lui, tous les profits générés ne sont pas égaux....
Certains profits, qu'il appelle créateur de "thin value " (valeur fictive) sont générés par l'entreprise au détriment d'autres individus (que ce soit des clients, la société dans sa globalité, ou les générations futures...). Ce sont des profits qui du point de vue économique ne font pas de sens, à cause des externalités qu'ils créent. Il prend ainsi l'exemple des services clients, avec des messages verbeux, facturés à la minute,et qui n'ont pas d'autre utilité que de faire payer quelques secondes de plus le client au travers d'un service qui n'en est pas un, ou des banques qui ont investit la richesse nationale dans des produits financiers sans intérêt économique, et avec les conséquences que l'on a pu observer...

Pour Umair, il convient donc que les entreprises et l'économie en général apprennent à générer de la vraie valeur (thick value).
Il a présenté plus en profondeur cette économie de la creation de valeur fictive et la future économe de création de vraie valeur lors de la conférence BRITE'09.

Un autre exemple de capitalisme destructeur nous est donné par l'eau en bouteille comme l'explique Charles Fishmann dans l'article "Message in a Bootle" paru dans FastCompany et plus particulièrement l'Eau de Fiji, très à la mode, comme a enquêté Anny Lenzer dans le reportage "Fiji Water: Spin the Bottle" paru dans MotherJones.

Il est donc capital de permettre le développement de ce Capitalisme constructif. C'est le rôle de chacun d'entre nous, entrepreneurs et société civile et des politiques en Europe, aux États-Unis et dans tous les pays.

Les politiques, et l'État ont cette responsabilité de définir le cadre réglementaire dans lequel les entreprises et l'économie doivent se développer et le cas échéant, les politiques incitatives pour accélérer le changement au niveau de l'ensemble des acteurs économiques, entreprises et individus.

Ainsi, sur le climat, il convient de montrer l'exemple, en instaurant une taxe carbone significative, non pas sur les seules énergies fossiles, mais sur l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre pour que les changements ne soient pas invisibles, sur le système financier il convient de mettre en place les mécanismes qui éviteront qu'une crise comme celle-ci ne se reproduise, pour les générations futures, il convient de réduire la dette et de réformer notre système de retraite...

J'ai néanmoins l'impression que les hommes (et femmes) politiques aux affaires, que ce soit en France, en Allemagne ou aux États-Unis se montrent à la hauteur de ces enjeux malgré les résistances des uns ou des autres, que ce soit, par exemple, avec la prime à la casse, une révolution aux États-Unis, contre les excès de la City ou de Wall Street ou bien pour en finir avec le "chantage" à la faillite des banques que nous avons connu l'automne dernier.

Il reste certes encore beaucoup à faire, mais je pense que nous sommes sur la bonne voie.

Qu'en pensez-vous?

jeudi 16 juillet 2009

Garder le cap pour rebondir...

L'autre jour, j'assistais à la conférence prospective G9+ "Les TIC à l'horizon 2015: garder le cap pour rebondir - 11 idées du livre blanc G9+". Cette conférence qui était organisée dans le grand amphi de l'école Arts&Métiers ParisTech, avec des intervenants représentant les principaux domaines liées aux TICs :
  • Bernard Charlès, DG de Dassault Systèmes, représentant des éditeurs
  • Yseulis Costes, PDG de 1000mercis, représentant des nouveaux usages internet
  • Jean-Philippe Courtois, Président de Microsoft International
  • Pascal Lagarde, DG de CDC Entreprises, représentant le Capital Risque
  • Jean Mounet, VP Sopra Group et Président de Syntec Industrie, représentant à la fois les Sociétés de Service et l'industrie des TICs
  • Bruno Ménard, DSI Sanofi Aventis et Président du Cigref, représentant des utilisateurs
  • Jean-Philippe Vanot, Directeur Executif en charge de l'innovation marketing de Groupe France Telecom Orange, représentant des telcos
Un plateau d'une belle qualité, animé par Philippe Grange et introduit par Jean-François Perret, VP de Pierre Audoin Consultants et animateur du Groupe prospective du G9+, sans oublier, en guest star, l'intervention de Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, récemment identifiée par l'agence Human to Human, dans son étude "Podium des ministres sur internet", comme étant la ministre qui maitrise le mieux le Web pour communiquer... NKM est intervenue pour apprécier la démarche collaborative mise en œuvre lors de la rédaction du livre blanc du G9+ et pour parler des 2 outils récemment annoncés, l'Appel à Projets dans le cadre du volet numérique du plan de relance et l'intérêt de l'emprunt Sarkozy pour accélérer le déploiement du très haut débit (fibre optique) nécessaire au développement de nouveaux usages. Notre gouvernement prend en considération l'importance des TICs pour préparer le futur.

Cette conférence prospective s'est organisée en 3 temps : la crise (2009), la sortie de crise (2012), les ruptures essentielles de 2015. Mon objectif n'est pas, ici, de faire un compte-rendu de cette conférence mais uniquement de reprendre les éléments saillants et de vous faire part de quelques réflexions. Vous trouverez sur le web une carte heuristique de cette conférence.

Philippe Grange a redéfini la prospective comme étant "le bel art d'envisager le faux avec des mots justes"... Tout n'était pas que prospective; une bonne partie de cette conférence traitait de la crise - la crise, révélateur des forces et des faiblesses des entreprises, la crise financière et économique qui masque une crise de notre mode de développement et une crise sociétale...

Des entreprises qui doivent optimiser leur structure de coût

La crise, avec la baisse de la consommation ou la chute des exportations oblige les entreprises à revoir leur structure de coût. Elle représente donc des opportunités pour les entreprises, qui offrent des solutions permettant d'optimiser les coûts.

L'internet et la crise vont ainsi favoriser le développement de nouveaux modèles de business qui permettent de réduire les coûts, tels que les sites de déstockage, la co-création ou autour du SaaS, du cloud computing ou de la simulation, voire de l'open source s'il "peut répondre à l'équation du service rendu"...

La crise, révélateur des forces et faiblesses des entreprises, favorise, aujourd'hui et demain, les entreprises plus particulièrement autofinancées (ou à structure de coût légère), car la crise financière a rendu difficile la levée de fonds par les gestionnaires de capital risque. Ce qui constituera un problème de financement majeur pour les entreprises innovantes dans les prochaines années...

Des entreprises qui en sortiront plus fortes

Pour passer le creux, la crise pousse les entreprises à être encore meilleures en marketing, à la fois en connaissance client et pour communiquer leur proposition de valeur.
Elle incite également les entreprises à investir pour innover plus et pour se différentier. Elle offre donc des opportunités pour les entreprises innovantes qui sont bien placées pour aider les grandes à gagner en compétitivité.

La question du Cloud Computing et de sa capacité à aider les entreprises à se différencier a été posée : Bruno Ménard, qui représentait les DSI des grandes entreprises, a dans un premier temps dit que, en sortie de crise, à l'horizon 2012, les entreprises devraient plus particulièrement travailler sur des SI différentiants pour créer de la valeur; c'est la raison pour laquelle, les entreprises, selon lui, ne s'intéresseront pas au Cloud computing dont les services ne seront pas suffisamment différentiants.... affirmation qu'il a modéré dans un second temps...
Il faut d'ailleurs noter les études des analystes Forrester et Saugatuck auprès des DSI qui montrent que, malgré la jeunesse de ces technologies, les DSI se préparent aux services sur le Cloud: la jeunesse du Cloud Computing ne semble pas poser de souci, car selon l'enquête Saugatuck, plus de la moitié des décideurs interrogés pensent que, dès 2011, les technologies seront mûres pour une adoption significative par les DSI.

Au-delà, les ruptures et technologies que l'ont peut attendre dans le futur proche sont celles du M2M (combien de puce dans une voiture, du crowdsourcing ( faire de ses clients des co-créateurs), des IHM tactiles, des systèmes centré sur l'homme (le Dossier médical partagé, la communication unifiée, la gestion de l'énergie en fonction de la présence...), les capteurs sous la peau (pour faire de la prévention), les nanotechnologies, la simulation et les mondes virtuels qui vont bouleverser la pharmacie, la santé, l'éducation, l'innovation...

Une crise environnementale

La crise économique cache également une autre crise, celle du monde dans lequel nous avons vécu jusqu'à maintenant, aux ressources illimitées et construit sur la dette. A ce titre, à la lecture des statistiques du chômage outre atlantique, on pourrait légitimement se demander si nous rentrons ou non dans une "nouvelle" économie qui n'offrirait pas le plein emploi....

Là encore les TICs, au travers du green IT promettent de réduire la pollution, l'impact sur l'environnement, la consommation énergétique ou d'éviter les déplacements superflus, la conservation d'énergie...

Un facteur de changement

La crise enfin est également un remarquable facteur de changement: non seulement des usages, des formes de consommation, des critères de valeur, mais également des organisations et des individus, car elle réduit sensiblement le nombre de réfractaires au changement ...
On observe d'ailleurs, de plus en plus, un écart entre l'offre et les nouvelles attentes des consommateurs et, au sein du monde du travail, entre l'entreprise et les collaborateurs, que ceux-ci travaillent ou soient en recherche active.... Il convient d'ailleurs de se poser la question des implications d'une reprise qui ne créerait pas d'emplois.
Cette crise favorise donc aussi les "start-ups", entreprises agiles, capables d'évolution rapide et qui, non prisonnières d'un système d'information existant, peuvent tirer partie au mieux des nouvelles solutions internet qui émergent dans le grand public. En effet, l'internet est le seul domaine ou les annonceurs (notamment les grandes entreprises et les PMEs) et les autorités (le législateur) ont un retard chronique vis à vis des consommateurs.

La crise, avec ses conséquences en terme de pouvoir d'achat ou de perte d'emploi salarié, va favoriser le développement de nouveaux modèles de business notamment en C2C, tels que le crowd sourcing (les applications pour iphone), la co-création (cf 3Dvia, par exemple, le site communautaire de création et de partage de contenu 3D)...

L'innovation pure conduit à l'émergence de nouvelles solutions plus ergonomiques (nouvelles IHM tactiles, les interfaces 3D...), permettant de mieux communiquer (le social networking). Les solutions de social networking seront, à ce titre, majeures pour reconnecter le consommateur à l'offre et le collaborateur à l'entreprise....

Une crise de société et de valeurs qui remettra l'humain au cœur

Cette crise est aussi une crise de société et de valeurs qui conduira très certainement les entreprises à travailler, beaucoup plus qu'aujourd'hui, sur le long terme, et à fidéliser ses collaborateurs en les faisant travailler sur un projet fédérateur.

Les valeurs internet sont des valeurs humaines, de diversité culturelle.... Ainsi l'entreprise de demain sera organique et ses valeurs seront diffusées par le SI...

Enfin, il faut que l'industrie des TICs puisse trouver, dans le futur, les ressources et les compétences. Donc, pour notre société, une des questions posées est celle de l'attractivité des TICs et de l'innovation auprès des femmes et des jeunes.

Enfin se pose plus globalement la question de notre culture et de nos valeurs : le panel a évoqué le besoin des entreprises de pouvoir recruter des gens adaptatifs et fidèles à l'entreprise. Je retournerai la question en disant que notre culture doit évoluer pour que nos enfants soient adaptables et motivés/impliqués dans le travail....

Un point capital n'a pas été abordé dans cette conférence fort intéressante, celle d'une culture de l'ambition et de l'entrepreneuriat : la salle était remplie de personnes issues des écoles d'ingénieurs et de commerce qui participent au G9+ . Ce sont donc parmi les plus prestigieuses... mais quand on regarde la liste des participants, on constate que 90% d'entre eux travaillent dans des grandes entreprises ou administrations.... alors que l'innovation, notamment aux États-Unis, est majoritairement issue de PMEs innovantes....

J'ai donc interrogé Bernard Charlès sur ce point - Bernard que je connaissais pour lui avoir proposé, il y a quelques années, de rejoindre le Conseil d'administration de ma société, ce qu'il avait poliment refusé en mentionnant un manque de temps; je lui ai donc demandé quel était son point de vue par rapport au constat précédent. Il m'a répondu qu'il regrettait que les jeunes, en France, préfèrent trop souvent devenir fonctionnaire ou rejoindre des grandes entreprises... et que dans son cas, 3 de ses 5 enfants avaient pris la voie de l'entrepreneuriat.

Je fais donc le souhait que 60% de nos enfants choisissent également, dans le futur, cette voie. C'est ainsi que nous développerons le monde de demain ("nouvelle" économie ou non) et que nous rebondirons ...

Et vous que pensez-vous ?

vendredi 3 juillet 2009

Etes-vous en poste ?

C'est souvent par cette question qu'un chasseur de tête ou un recruteur commence une discussion avec un collaborateur potentiel.

Hiring the Already-Employed: Savvy or Sad?), se pose la question de savoir s'il est pertinent ou malheureux, pour une entreprise, de ne limiter une recherche de nouveaux talents qu'aux seules personnes en poste. Il semblerait que cet état de fait, que nous observons trop fréquemment en France, soit nouveau aux États-Unis comme le suggère cet article du Wall Street Journal : Only the Employed Need Apply.
Vous vous êtes peut-être également fait la remarque que les cabinets de recrutement, en France, "veulent toujours des clones", c'est à dire qu'ils ne présélectionnent que des candidats occupant exactement la même fonction chez un concurrent que pour le poste à pourvoir...

Quelles en sont les conséquences ?

Non seulement comme le dit, très justement, Rita Mc Grath,
  • les entreprises se privent, ainsi, des savoir-faire et savoir-être dont elles ont besoin pour innover et se développer - compétences, qui préféreront alors reprendre des études, se tourner vers d'autres secteurs, se mettre à leur compte ou réaliser un "vieux rêve",
  • nous pouvons, avec ce type d'attitude, pousser (indirectement) des personnes plus faibles vers la dépression avec ce que ça signifie de perte de confiance et de prévision auto-réalisatrices,
  • nous nous privons collectivement de prendre temporairement du recul par rapport à l'emploi, que ce soit pour élever des enfants ou travailler sur des projets personnels, de peur de ne pouvoir retrouver un emploi à l'issue de cette période et
  • nous poussons tout ceux qui sont actuellement en poste - bons et moins bons - à s'accrocher à leur poste...
mais encore, nous rigidifions toujours plus notre marché de l'emploi, avec les conséquences suivantes :
  • nous élargissons la fracture, dans notre société entre les privilégiés, ceux qui ont de nombreux avantages (emplois à vie, CDI, CE, complémentaires santé, avantages divers) et ceux qui galèrent, avec toujours plus de difficulté pour s'en sortir,
  • nous interdisons la nécessaire adaptation de notre économie au monde d'aujourd'hui et de demain
  • nous ne permettons pas à l'innovation d'éclore. Celle-ci nécessite en effet de la diversité, de la multi-disciplinarité, du multi-culturalisme, du multi-générationnel, du brassage d'idées, de la différence et de la complémentarité... nous ne donnons pas les moyens aux futurs champions mondiaux d'éclore et de se développer. Ce sont pourtant eux qui seront les pourvoyeurs d'emploi, demain et après-demain.
En ce qui concerne cette Amérique, qui ne nous laisse pas insensible, Rita affirme d'ailleurs que ces attitudes risquent de miner leur contrat social :
Travaillez dur, et non seulement, il vous sera possible de gravir l'échelle sociale... pas 'possible', certain!. Vous avez essayé et échoué? Ça n'est pas grave : prenez-vous en main et réessayez. Et bien sur, ne soyez pas effrayé de saisir les opportunités ou qu'elles se présentent.

Alors que faire ?

Si vous êtes employeur, changeons nos facons de voir les choses : il nous suffit de nous rendre compte que le temps gagné dans un premier temps en embauchant un clone, en poste dans une autre entreprise, ce temps sera perdu à moyen et à long terme car celui-ci perdra rapidement en motivation. Il vaut mieux chercher des potentiels, des collaborateurs avec un peu moins de savoir-faire, mais qui seront motivés, qui voudront progresser et se développer avec l'entreprise qu'ils rejoindront. Sur le marché du travail, ils sont nombreux aujourd'hui.

Si vous êtes salarié, que vous soyez en poste ou non, il est important de travailler votre employabilité en vous formant, en vous remettant en cause, en changeant de poste ou de mission, mais il vous faut également travailler aussi votre "identité/réputation professionnelle" (ou Personal Branding dans la langue de Shakespeare). La gestion de sa "marque personnelle" permet de mieux se connaitre, de mieux se faire connaitre et surtout de mieux se faire reconnaitre. Ce n'est pas un concept marketing destiné à vous vendre, car votre personal branding doit être authentique.

Si vous n'avez pas fait grand chose en la matière et si vous envisagez de bouger, il est grand temps de vous y intéresser : regardez, entre autres, du coté des outils récents qui vous permettront de mettre en valeur votre "marque personnelle" :
  • CV 2.0, un site créé par Olivier, un consultant
  • monCV.com lancé par Jérôme et Guillaume, deux jeunes ESSEC.
  • ...
Prenez un peu de recul sur votre parcours professionnel, travaillez votre réseau,...

Ce n'est qu'à ces conditions que nous réintroduirons de la fluidité dans notre marché du travail, et que nous retournerons vers une société de plein emploi.

Qu'en pensez-vous ?

jeudi 2 juillet 2009

Réussir sa startup : vaut-il mieux être entrepreneur ou inventeur ?

Souvent les fondateurs de jeunes entreprises innovantes ne se posent pas la question. C'est pourtant une question fondamentale à se poser quand on se lance dans l'entreprise et que l'on crée sa propre société.

Qu'entend-on par entrepreneur et par inventeur ?

Laissons Jeff Stibel nous donner sa définition dans le billet suivant : Are You an Inventor or an Entrepreneur?
L'inventeur trouve sa motivation dans les idées, l'entrepreneur trouve sa motivation dans l'action. Entrepreneur ne signifie d'ailleurs pas forcément créateur.

Et alors, pour les start-ups ?

Pour qu'une entreprise, créée par un inventeur, puisse réussir, il convient qu'à un certain stade de son développement, son créateur soit capable de prendre suffisamment de recul pour prévoir le moment ou il devra passer la main à un entrepreneur qui prendra alors en charge le développement et le management de l'entreprise.

Le créateur inventeur étant très souvent quelqu'un de prudent qui craint de tout perdre en prenant du recul par rapport au management de son entreprise, il risque de retarder, voire de refuser, cette évolution nécessaire.

Nous abordons là une des grand faiblesses de l'entrepreneuriat en France : nous avons d'excellents inventeurs, mais trop peu d'entrepreneurs, et ceux-la passent trop tardivement la main. Ce sont sans aucun doute des problèmes culturels sur lesquels j'aurai l'occasion de revenir dans un prochain billet suite à la conférence prospective du G9+ "Les TIC à l'horizon 2015 : Garder le cap pour rebondir. 11 idées du Livre Blanc G9+ pour la France".

Et vous, pensez-vous que l'on puisse être à la fois inventeur et entrepreneur ?

lundi 29 juin 2009

Le renouveau de l'industrie logicielle en France

Quand les politiques se trompent de combat

Je me souviens d'une discussion il y a maintenant 5 ans, avec Jean-Paul, alors en charge "des logiciels libres et des acteurs industriels" à l'ADAE (l'agence pour le développement de l'administration électronique, qui a, depuis, été fondue dans la Direction générale de la modernisation de l'État). Je cherchais alors à comprendre pourquoi l'administration française faisait autant la promotion du logiciel libre, alors que l'innovation et la création de valeur se trouvaient, selon moi, plutôt du coté des éditeurs de logiciels. Jean-Paul m'avait alors donné un certain nombre de raisons : "Ce n'est par pour des raisons économiques, car tout le monde sait que l'open source revient plus cher que les progiciels", m'avait-il répondu. Les raisons invoquées m'avaient interpelé:
  • "L'Open Source est un moyen pour l'administration de motiver ses collaborateurs [...] en effet, avec les solutions éditeurs, la mise en œuvre, le paramétrage sont effectués par des intégrateurs[...] avec les logiciels libres, ce sont les informaticiens de l'administration qui font la mise en œuvre...".
    Je me faisais alors la remarque, que nos fonctionnaires, payés avec nos impôts pour rendre l'Etat plus efficace et ainsi apporter un meilleur service aux entreprises et concitoyens que nous sommes, devaient être motivés en leur permettant de contribuer du code source aux communautés open source... et ceci avec le support officiel des politiques : des initiatives, telles que Lutece développé par la Mairie de Paris, SPIP-Agora par le SIG (Service d'Information du Gouvernement), e-bourgogne initialisé par le CR de Bourgogne ou CapWebCT financé par le CG du Val d'Oise, sont emblématiques de ces dérives avec les conséquences non négligeables pour les utilisateurs de ces technologies qui se se retrouvent, sans le savoir, prisonniers de solutions non pérennes et/ou à la merci de décisions purement politiques. Je laisserai également le lecteur juger si ces initiatives constituent ou non, un bon usage des deniers publics....

  • "L'industrie logicielle française n'existe pas [...] Donc autant favoriser le développement des sociétés de services qui ne peuvent pas délocaliser [...] ". L'emploi en France justifiait le support à l'open source...
Non seulement le support public en faveur de l'open source introduit une distorsion de concurrence entre éditeurs et intégrateurs, mais on observe 5 ans après, que l'administration de l'époque avait tout faux :
  • On constate que les intégrateurs, favorisés par le support public à l'open source, ne s'interdisent pas de délocaliser : en 2008, selon le cabinet d’analyse Pierre Audoin Consultants (PAC), "l’ensemble des prestations de services informatiques en France réalisé en offshore (Espagne, Afrique du Nord, Europe de l’Est, Amérique du Sud, Canada, Asie Pacifique) a représenté un volume d’affaires de 1,2 milliards d’euros, soit 5% du marché des services informatiques en France (conseil, intégration de systèmes, formation, externalisation, maintenance matériel)"....
  • Quand à la faiblesse des éditeurs de logiciels, elle était sans doute due à des éléments culturels (la relation à l'argent et/ou au marketing, dont j'ai déjà parlé) et au fait que cette industrie n'était pas reconnue en tant que telle, mais fondue dans une industrie des services informatiques qui la phagocytait : pas de code NAF, une chambre syndicale - Syntec Informatique - commune aux intégrateurs et aux éditeurs....
Les Éditeurs de logiciels en 2009

Tout ceci change très rapidement! Certes, la France n'a pas échappé à la vague de concentration qu'à connu l'industrie mondiale du logiciel - vague qui a conduit à la disparition des plus prometteurs représentants de cette industrie : GL Trade, Cartegie, Business Object, Ilog... pour n'en citer que quelques uns. Aujourd'hui, selon l'Eurosoftware 100, la part de marché des éditeurs de logiciels français en Europe aujourd'hui n'est plus que de 3% (contre 52% pour les éditeurs américains)...

Mais c'est surtout à la fois cette politique publique en faveur de l'open source et l'absence, jusqu'à il y a 3-4 ans, de politique industrielle en faveur du logiciel, qui ont conduit à l'anémie actuelle de l'industrie française du logiciel, qui n'est plus composée aujourd'hui que d'acteurs petits et moyens, sans aucun acteur d'envergure mondial à l'exception de Dassault Systèmes.

Heureusement, depuis que les éditeurs se sont fédérés au sein de l'AFDEL (l'Association française des éditeurs de logiciels), cette industrie se développe de nouveau dans le bon sens. Le travail de l'AFDEL, la réaction du comité Éditeurs de Syntec Informatique, une politique gouvernementale en faveur de tous les logiciels, l'évolution des mentalités vis à vis de l'entrepreneuriat ont permis de mettre en place les fondations sur lesquelles bâtir de nouveau une véritable industrie, compétitive au niveau mondial. A ce sujet, l'accord récent entre l'AFDEL et le FSI est extrêmement prometteur pour permettre aux éditeurs français d'étoffer leurs fonds propres et se donner les moyens de se développer à l'international.

La France sachant innover, et disposant d'excellentes compétences techniques, il ne lui manque plus,maintenant, qu'une véritable culture de l'ambition comme l'a très justement analysé le G9+ dans son livre blanc "Quel avenir pour les grandes industries TIC à l'horizon 2015".

Et la relève se profile...

Les dernières semaines nous permettent cependant d'être optimistes, pour se rendre compte que l'on a passé le point bas :
  • BlueKiwi Software, éditeur de solution Enterprise 2.0, lève des fonds auprès de Dassault Systèmes et de Sofinnova. S'il veut suivre le chemin de Dassault Systèmes plutôt que celui de Reef, Carlos doit maintenant développer le Chiffre d'affaires et la rentabilité.
  • Connecthings, éditeur d'une plateforme de gestion de tags et de contenus contextualisés - fonction du temps et de la localisation. Maintenant que les démonstrateurs ont permis de valider la technologie, Laetitia doit continuer de se battre pour convaincre les décideurs du retour sur investissement qui accompagne cette nouvelle manière de vivre la ville. Le Time to Market est en effet crucial dans l'innovation!
  • Jalios continue d'innover et introduit Jalios ESN, une offre Reseau Social d'Entreprise. Vincent et Olivier se doivent maintenant de relever le challenge de la croissance à l'international. A défaut, Jalios ne risque pas de faire mentir les analystes américains, qui tels Tony, de CMSwatch, constatait en 2005 "[...] 8 leading CMS vendors in France, few very active outside francophonie."
  • Nuxeo, éditeur opensource de solution ECM, poursuit son développement à l'international. au-delà des déclarations d'intention, Stéfane doit montrer qu'il est capable d'innover pour pouvoir "multiplier son chiffre d'affaires par 3 en 2 ans"...
  • XWiki, éditeur de Wiki opensource professionalise son développement commercial en faisant appel aux compétences d'Yves. Ces dernières années, Ludovic a beaucoup investi dans l'humain et embauché. Il ne doit pas oublier qu'un modèle de business opensource ne peut faire oublier les fondamentaux de l'entreprise.
  • Lokad, éditeur SaaS de prévision de la demande, cible immédiatement le marché mondial. Joannès doit continuer de faire avancer sa technologie, notamment sur le Cloud, sans oublier le développement du Chiffre d'affaires.
  • LeadFormance, éditeur SaaS, propose le chainon manquant pour transformer un prospect online en un client. Pierre-André et Cyril ont pu s'appuyer sur leur investisseur pour sauter les étapes. Il leur faut maintenant investir en Marketing pour se faire connaitre des prescripteurs.
  • Kwaga nous promet de ne plus nous noyer dans notre mailbox. Philippe, qui est un serial entrepreneur (il est à l'origine de Sinequa, une belle réussite) doit sortir son produit et trouver un modèle de business créateur de valeur.
  • Prim'X Technologies, éditeur de solution de chiffrement, poursuit l'internationalisation de son offre. Serge va maintenant pouvoir passer à la vitesse supérieure.
  • "Doc-in-the-box", le projet de User Relationship Management en mode SaaS : Guillaume et Stéphanie vont révolutionner le métier de la gestion de documentation; le proto est fini à 80%, l'idée est excellente, il leur faut maintenant exécuter au meilleur niveau.
Ces quelques entrepreneurs français, sont les acteurs du renouveau de l'industrie logicielle en France. Aucun d'entre eux n'est encore présent dans le Truffle 100, cependant, tous innovent et réinventent leur marché pour constituer demain la relève.

Je suis persuadé que parmi eux figurent les leaders de demain.

Qu'en pensez-vous ?

mercredi 4 février 2009

Réintroduire le volontarisme...


"Yes we can! "

Malgré l'ampleur de la" crise", c'est à dire les dérèglements du monde financier, immobilier et économique que nous connaissons, l'Amérique (pas celle de Bush repliée sur ses intérêts particuliers, guidée par un dogmatisme religieux) ne rend pas les armes : elle se lève derrière Barack Obama, va retrousser ses manches et s'attaquer à ces dérèglements, et apporter les réponses dont nous avons besoin pour corriger les excès du passé.

Si c'est possible, c'est par ce que les Américains en particulier, les anglo-saxons en général, sont tournés vers l'avenir. Cet optimisme naturel est la conséquence de leurs histoire et de leurs origines, et notamment :
  • un protestantisme, avec de fortes valeurs Travail et une relation à l'Argent dépassionnée (trop ?),
  • un esprit jeune, conséquence d'une histoire courte, qui commence il y a à peine plus de 300 ans par la colonisation anglaise,
  • une Constitution qui a puisé dans les Lumières et les éclairages des Rousseau, Tocqueville, Diderot et autres philosophes européens du 18e siècle,
  • une confiance en l'avenir qui vient sans doute d'un ascenseur social qui fonctionne bien et qui a conduit un métis à la présidence des Etats-Unis.
L'américain ne doute pas ! C'est de cette culture que Barack Obama hérite, j'espère pour notre bien à tous. Bonne chance.

La langue française possède un équivalent du "Yes, we can!" d'Obama, c'est "Impossible n'est pas français!".

Cependant, notre "Impossible n'est pas français" a disparu du langage, et nous l'avons remplacé par un conservatisme fort de nombreux corps constitués, qui se masque derrière une défense des plus faibles. Ce conservatisme est sans doute du au fait que nous sommes trop occupés à regretter le passé...

Si on s'intéresse un peu à nos origines et à notre histoire, on y trouve :
  • Un ancrage historique ancien,
  • Un catholicisme qui considère l'Argent comme tabou
  • Une approche analytique (Descartes) qui nous oblige à tenter de tout pouvoir expliquer ou maitriser avant de pouvoir prendre une décision,
  • Conséquence de la monarchie absolue, et malgré l'éclairage des philosophes du siècle des Lumières (Tocqueville, Diderot) , une élite qui s'accroche à ses avantages acquis. En conséquence, une histoire, depuis le 18e siècle faite de crises (de révolutions) souvent violentes, en opposition à "l'Elite" en place...
Les dernières manifestations, qui cachent des craintes multiples mais fondées, donnent l'image d'une France qui se crispe. Elles ont plus revêtu une forme d'exorcisme, et ne remettent pas en cause l'image d'une France qui s'est remise en marche et qui bouge. On le voit avec l'attractivité de la France qui progresse, les premiers chiffres de l'auto-entrepreneuriat, et le cap tenu par le gouvernement dans cette crise.

Cet état d'esprit américain est important à tous les niveaux.

Le livre d'Asselin et Mastron, "Français-Américains: ces différences qui nous rapprochent", dont on peux lire quelques page sur le web est assez complet sur ces differences de culture. Je m'arreterai ici sur celles qui montrent que l'américain est plus efficace dans le monde des affaires : le doute, la confiance et l'importance de la tâche, font la différence et permettent une plus grande efficacité.

Alors comment réintroduire dans notre culture ce volontarisme? d'ou vient cette confiance en soi qui caractérise les américains?

Je déjeunais l'autre jour avec Juliette, qui a créé Jouleco, une société de conseil et d'études dans le domaine des énergies renouvelables. Juliette introduit dans un milieu qui attire de plus en plus d'opportunistes, conseils et une approche responsable.

Nous discutions des différences culturelles des deux cotés de l'atlantique et Juliette me faisait remarquait que les chercheurs de l'Ecole de Palo Alto s'étaient intéressés non seulement à la communication interpersonnelle, mais aussi à la connaissance de soi, l'estime de soi et par conséquent à la confiance en soi.

Une piste à creuser...