jeudi 15 janvier 2009

Les jeunes sont un atout. Ne le gâchons plus!

Le monde de la formation bouge et c'est tant mieux!

Les initiatives d'entrepreneurs qui révolutionnent les offres de formation, sont nombreuses, dans tous les domaines de l'éducation et de la formation : e-learning, soutien scolaire, formation professionnelle...
Il y a quelques semaines, je faisais la connaissance, par l'intermédiaire d'un ami entrepreneur, de Laetitia, Directrice du service Pédagogique de l'Ecole chez Soi. Laetitia est également la fille du Président de cette entreprise centenaire, tournée vers l'avenir. Cet institut, qui forme aux métiers du bâtiment et du cadre de vie, fut un pionnier de l'enseignement à distance. Aujourd'hui, fort de leurs 115 ans d'expérience, ils réfléchissent au moyen de mieux développer leur activité commerciale en exploitant les outils de relation client multicanal, qu'ils soient web ou téléphoniques. J'évoquerai également quelques autres entrepreneurs et leurs projets :
  • Pierre-François, le président d'Educastream, qui révolutionne le soutien scolaire en langue vivante en mettant en relation les élèves avec des natifs de la langue, par visioconférence,
  • Mickaël, Fondateur et Jérôme, Directeur R&D de CrossKnowledge, qui proposent des formations à distance en management et des formations pour le développement des compétences manageriales des cadres et dirigeants,
  • Hélène, la Présidente d'Enaco, le premier organisme de formation à distance dans les métiers du commerce et de la vente...
Mais revenons à l'Education Nationale, qui est et qui reste l'artisan principal de la formation de nos enfants : l'autre jour, je discutais de l'importance des enseignants et des éducateurs pour accompagner nos enfants dans leur insertion dans la société.
Il y a deux semaines, je faisais part de mon espoir que la réforme du lycée aboutisse. Celle-ci est en effet critique pour, permettre à l'école républicaine, avec ses succès, d'en finir avec ce que j'ai appelé la "Dictature des maths", mais que j'appellerai prosaïquement "l'orientation à la française", dont on connait les trop nombreux défauts :
  • pas de libre choix d'orientation, qui pousse tous les jeunes, quelques soient leurs capacités ou appétence, à ne raisonner leur orientation que par les maths et les sciences
  • une unique filière, la filière scientifique, élitiste, qui conduit, les meilleurs (mais aussi les plus malins) à quelques grandes écoles, et laisse, tous les autres, suivre la voie de l'échec à l'université...
  • Une sélection à la fin de la première année d'université, avec des taux d'échecs proches de 50%, et ce par absence de sélection à l'entrée qui fait perdre une année de plus qui serait plus utile passée à l'étranger par exemple ou en entreprise...
L'insertion de nos enfants dans la société passe par plusieurs cycles de formation, qui doivent leurs permettre de s'éduquer et de se développer pour pouvoir trouver toute leur place dans notre société:
  • En primaire, les basiques : savoir parler, écrire, compter en Français et en anglais
  • Au collège, les compléments de bases : économie, histoire, géographie, éducation physique et bien entendu un approfondissement en français, en math, et en langues (anglais et une 2nde langue vivantes) et un certain nombre d'option de découvertes et/ou de culture générale : SVT, physique/chimie, dessin, musique, langues anciennes; enfin, une première approche du monde de l'entreprise et des informations sur l'orientation et les débouchés offerts.
  • Au lycée, de quoi approfondir, en fonction des sensibilités et des intérêts de nos jeunes et de leur appétence ou non pour les études, les grands enseignements littéraires, artistiques, économiques, social, scientifiques et sportifs, tout en conservant un tronc commun de français, langues vivantes, mathématique, économique et sportif. L'objectif est, pour nos jeunes qui choisiront des études générales, d'arriver au bac sans avoir eu à choisir une filière en particulier (L, ES ou S), et de pouvoir vraiment se déterminer pour le supérieur en fonction de leurs intérêts, capacité et motivation.
  • Le baccalauréat, complété d'une sélection à l'entrée de l'université, qui doit permettre aux étudiants de choisir leur voie en fonction de leurs capacités propres, de leurs intérêts, de leur motivation et des débouchés offerts par la filière suivie.
  • Un cycle Licence, à l'université, avec des enseignements qui doivent être en phase avec les attentes des entreprises. L'université doit ainsi, non seulement former à des techniques, enseigner des savoirs et des connaissances, mais surtout elle doit préparer à l'entreprise....
  • Pour préparer concrètement les jeunes au monde du travail, un cadre existe déjà! c'est l'apprentissage. Ainsi, l'ESSEC propose ses formations , y compris la formation "grande école" en Apprentissage, au travers d'une filière de formation initiale dispensée en alternance dans le cadre d’un contrat de travail spécifique entre l'étudiant et une entreprise... cette initiative, prise il y a déjà 15 ans, pourrait servir de modèle!
    A défaut d'alternance, une ou plusieurs années de coupure des études supérieures pour une première expérience professionnelle, avant de reprendre ses études par ...
  • Un cycle Master à l'université (ou via les grandes écoles) qui doit, au choix, permettre d'acquérir une formation complémentaire et/ou de se préparer à la Recherche.
Les premières réformes qui touchent l'Education Nationale et l'Enseignement supérieur ont été lancées : la réforme de l'école primaire, la suppression de la carte scolaire, l'autonomie des universités, jusqu'à l'ENA, qui abandonne son trop fameux concours d'entrée.... L'Ecole et l'Université se transforment sous l'impulsion du gouvernement, avec l'aide des enseignants, dans l'intérêt de nos enfants; qu'ils en soient ici remerciés.

En ce qui concerne la réforme du lycée, Xavier Darcos a eu la sagesse de la repousser d'un an, malgré son urgente nécessité. Il semblerait en effet, que, au-delà de la crainte de syndicats étudiants, tels que la FDIL, de se faire "entuber" par le Ministère et des manipulations par d'autres corps constitués et de la mise en cause de l'autorité dénoncés par Michel Segal, il y ait eu un déficit de concertation. J'ai également l'impression que ce premier projet était inachevé : les objectifs avaient été partagés, mais seul le projet de réforme de la seconde avait été annoncé. Il me semble qu'il aurait fallut préparer la réforme dans sa globalité, sur la totalité du cycle , de la seconde à la terminale, même si bien entendu sa mise en œuvre devrait se faire sur 3 ans, en commençant par la classe de seconde. L'inquiétude des lycéens me semblait donc tout à fait légitime. Les dernières annonces de Nicolas Sarkozy, avec la mission confiée à Richard Descoings, le directeur de Science-Po Paris, pour mener la concertation, me semblent aller dans le bon sens, et le dialogue avec les lycéens s'instaure.

Enfin, la société se doit de répondre au souhait légitime des jeunes d'acquérir leur autonomie : la nomination de Martin Hirsch à la Jeunesse permettra sans doute de reprendre le problème dans le bon sens.

Les jeunes sont un atout pour notre société. Arrêtons de le gâcher!

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